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Le vrai visage de Jeanne d'Arc

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Reine?

Il nous semble encore utile d'ajouter deux autres aspects rarement soulignés que la parution de cet ouvrage permet d'aborder, même brièvement. Avons-nous conscience que sainte Jeanne d'Arc fut aussi reine de France? Oh, certes, pour une bien courte durée historique, mais symboliquement et « mystiquement » considérablement importante ! Pourtant son « règne » est attesté par des officiers de Justice, les notaires du Roi Charles VII, ce qui officialise pleinement et authentifie cette histoire stupéfiante non moins que paradoxale et en souligne la source divine, mais non rationnelle.

Voilà comment son intermède royal fut l'occasion et le moyen de la consécration de la France au Christ. On comprend que les historiens issus de la Révolution de 1789 (ni le clergé ultramontain, celà fait partie de la « trahison des clercs ») n'aient pas exploité - c'est un euphémisme - cet épisode que l'on peut en vérité appeler « Mystique » (et qui peut expliquer l'acharnement des « sans-Dieu » contre ce pauvre pays aujourd'hui de nouveau sous séquestre, pillé, violé, perverti, trahi ! )

Nous sommes en 1429, le 21 juin, la scène se passe vraisemblablement à Saint-Benoît-sur-Loire, mais certains voudraient la situer à Chinon (Il est vrai que là, le 11 mars de la même année il y avait déjà eu une tentative, mais elle n'avait point abouti). Le Roi Charles VII, qui n'est encore que Dauphin, souverain théorique, d'un tout petit état réduit à une peau de chagrin, le reste étant occupé par les Anglais et les Bourguignons. On l'appelle par dérision « Le petit roi de Bourges » ! Il est aujourd'hui avec Jeanne d'Arc à la Cour. Elle, elle capte toute l'attention du Roi qui lui doit tout depuis la reconquête miraculeuse d'Orléans quelques jours auparavant. Il ne peut rien lui refuser ! Ils sont entourés de courtisans et de notaires officiels. En leur présence, Jeanne demande au Roi :

- « Sire me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ? »

Le Roi hésite - on le comprend - puis il consent.

Alors elle dit, certainement invitée par « ses Voix», puisqu'elle n'entreprenait rien sans leur « Conseil »; c'est surréaliste, mais le procès-verbal en est couché sur un document et signé par les notaires royaux sommés par Jeanne :

- « Sire, donnez-moi votre royaume. »

Le souverain est abasourdi, mais n'ose point se dédire, et il est à ce moment subjugué par l'autorité intérieure de la Pucelle. Portons plus profondément notre regard :

l'Esprit-Saint le rend sans réaction rationnelle, paralyse momentanément le cours de ses pensées logiques devant une telle et inconcevable demande, qui n'a rien de diplomatique ! Il répond alors le plus officiellement du monde :

- « Jeanne, je te donne mon royaume. »

Ceci constitue la première « donation », qui serait incompréhensible si ce n'était une intervention miraculeuse de Dieu. À ce moment-là, Jeanne d'Arc est donc de facto reine de France. Dépouillé de son royaume, le Roi reste interdit et tout de même un peu embarrassé par ce qu'il vient de faire ... On imagine sans peine la tornade de pensées qui doit s'agiter dans sa tête, et la stupéfaction des courtisans qui ne peuvent en croire à leurs oreilles. La Pucelle lui dit alors en riant :

- « Voici le plus pauvre chevalier de France : il n'a plus rien ! »

(Il n'avait déjà pas beaucoup, le « petit » roi! mais il fallait sans doute qu'il fût dépouillé de tout, nu comme un mort, pour « ressusciter » en recouvrant son trône !)

Alors, aussitôt, elle exige des notaires qu'ils écrivent :

- « Jeanne donne le royaume à Jésus-Christ. »

Elle n'est donc plus reine de France, mais c'est Jésus qui est légalement le Souverain régnant de France - et, puisqu'il est ressuscité, c'est pour toujours ... - C'était la seconde « donation ».

Enfin, elle fait ajouter par les secrétaires assez rapidement après :

- «Jésus rend le royaume à Charles », troisième « donation ».

C'est ce que l'on a appelé depuis « la triple donation», épisode véritablement sacramentel, mystique, préludant le « miracle » du Sacre à Reims quelques mois plus tard. Ainsi par cette troisième « donation », les rois successeurs de Charles deviennent ceux qui sur terre devront - devraient - être les « lieutenants » de Jésus, c'est-à-dire Ses représentants. C'est ainsi que Jeanne fut reine! On comprend pourquoi les sans-dieu révolutionnaires modernes veulent en supprimer la vénération, le souvenir et les statues: pensez donc, si jamais ses sujets se mettaient à reprendre la mission, « la dernière imposture serait pire que la première » ( expression des grands prêtres et des pharisiens sollicitant de Pilate une garde pour surveiller le tombeau du Christ (Mt 27, 64).

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